CdM 2026 : les Three Lions, grâce à un doublé de Jude Bellingham, éliminent la Norvège (1-2)
12 juillet 2026Ébranlée, malmenée, contrainte à douter, l’Angleterre a fini par ployer l’échine de la Norvège. Il fallut recourir à la prolongation et à la lumière d’un Jude Bellingham impérial pour que les Three Lions arrachent leur billet pour le dernier carré (1-2).
Au Hard Rock Stadium de Miami, samedi soir, la raison a fini par céder devant l’orgueil.
Après la France et l’Espagne, le Mondial offrait un troisième quart de finale d’une rare intensité.
Thomas Tuchel reconduisait son 4-2-3-1, avec Harry Kane en phare offensif. Deux ajustements cependant : Noni Madueke, titularisé à la place de Bukayo Saka, et Ezri Konsa, repositionné à droite pour pallier la suspension de Jarell Quansah. Face à eux, la Norvège de Stale Solbakken, inédite à ce stade de la compétition, s’avançait en 4-3-3, avec un Erling Haaland dressé en sentinelle de l’attaque scandinave.
Les premières minutes furent une joute d’arpenteurs
Les deux camps se sondèrent, se jaugèrent, sans jamais se blesser. Puis l’Angleterre prit l’ascendant. Mais devant le mur norvégien, elle se heurta. O’Reilly d’abord, Madueke ensuite, frôlèrent l’ouverture du score. Kane, sur coup franc, manqua la cible de peu. L’emprise anglaise était réelle, mais stérile.
Et c’est alors que la foudre s’abattit.
Sur leur première offensive véritable, les Vikings écrivirent une page d’anthologie. Récupération haute, transmission fulgurante, et Schjelderup, lancé côté gauche, décocha un centre-tir d’une pureté rare. Le ballon, flatté par le poteau, alla se nicher dans la lucarne opposée de Pickford. Golazo ! Un éclair de génie qui tétanisa Wembley sous le soleil de Miami : 1-0, 36è.
Sonné, le mastodonte britannique chancela. Sorloth manqua de peu le doublé à deux reprises. Ödegaard caressa lui aussi le break. La Norvège, grisée, jouait sans complexes et donnait le vertige aux hommes de Rice.
Mais les grandes nations ne meurent jamais sans se relever.
Dans le temps additionnel du premier acte, Gordon, infatigable, délivra un caviar pour Bellingham. Le milieu du Real, d’une feinte sèche puis d’une frappe croisée d’une précision chirurgicale, ramena les deux équipes à égalité : 1-1, 45+2è. Dans la foulée, Kane crut même donner l’avantage aux siens, mais son but fut justement annulé pour hors-jeu.
Au retour des vestiaires, le combat reprit de plus belle.
La Norvège, loin de se recroqueviller, crut même reprendre l’avantage. Sur un corner, un cafouillage profita à Heggem. Mais la VAR, impitoyable, annula pour une charge d’Haaland. Refroidis, les Scandinaves firent entrer Nusa et Bobb pour insuffler une nouvelle sève. Côté anglais, Reece James remplaça Gordon.
La fin de match fut un supplice. Chaque ballon était une sentence.
La Norvège frôla l’exploit : sur corner, la reprise d’Ajer, déviée, heurta la transversale de Pickford. L’Angleterre répondit par un débordement de Saka, vain. Rien n’y fit.
Il fallut recourir à la prolongation.
Et là, le destin choisit son camp.
Dès la 94e, sur une reprise de Rogers mal repoussée par Nyland, Bellingham surgit. Du plat du pied, il signa son doublé et offrit aux Three Lions l’avantage décisif : 1-2. Quelques minutes plus tard, Spence fut fauché dans la surface. Un temps sifflé, le penalty fut finalement retiré après visionnage.
Dans un ultime baroud d’honneur, la Norvège tenta le tout pour le tout. En vain. Nyland multiplia les parades, mais l’Angleterre, désormais cuirassée et pragmatique, tint bon.
Avec cette victoire arrachée dans la douleur, l’Angleterre s’offre les demi-finales. Elle y retrouvera l’Argentine de Lionel Messi, tombeuse de la Suisse 3-1 après prolongation.
Le rêve anglais continue. Et il a le visage de Jude Bellingham.
Par Patrick Sota




