AGE de la Ligue Régionale de Football de Ségou : Contentieux électoral à Ségou, le délai de trois (3) jours du Code Électoral dépassé

AGE de la Ligue Régionale de Football de Ségou : Contentieux électoral à Ségou, le délai de trois (3) jours du Code Électoral dépassé

13 août 2026 Non Par admin

Six (6) jours après le dépôt des recours, toujours pas de décision : la Commission d’Appel des Élections est interpellée sur le respect de ses propres règles.

La Commission d’Appel des Élections tord le cou au code !

Le contentieux de l’élection de la Ligue Régionale de Football de Ségou soulève désormais une question de respect des délais prévus par le Code électoral de la FEMAFOOT.

Le vendredi 7 août 2026, deux des trois candidats à l’élection de la Ligue Régionale de Football de Ségou ont introduit des recours contre le procès-verbal de la Commission Électorale d’Instance, conformément à l’article D.4.2 du Code Électoral qui dispose que les éventuels recours, dûment motivés, doivent être déposés au Secrétariat général de la FEMAFOOT dans un délai de deux (2) jours après réception de la décision de la Commission Électorale.

Mais pourtant ceux à qui les Recours sont adressés ne respectent pas ces délais, notamment l’article D.4.3 qui prévoit expressément que les recours sont examinés par la Commission d’Appel des Élections dans un délai maximum de trois (3) jours dès leur réception par le Secrétariat général de la FEMAFOOT, sous réserve du paiement de la somme prévue par le Règlement financier qui est de 300 000 FCFA que les candidats ont réglé.

Or, ce mercredi 12 août qui vient de finir, soit plusieurs jours après le dépôt des recours introduits le vendredi 7 août, aucune décision n’a encore été rendue dans le dossier de Ségou.

Deux poids, deux mesures ?

La situation prend une dimension particulière lorsqu’on la compare au traitement d’un recours introduit à l’occasion de l’élection de la Ligue Régionale de Football de Bamako.

Dans ce cas, un candidat avait également contesté le procès-verbal de la Commission Électorale d’Instance le Vendredi 31 Juillet. Le recours a été examiné et tranché dès le lundi suivant 3 Août.

Cette différence de traitement entre deux contentieux électoraux similaires soulève naturellement des interrogations.

Pourquoi un recours est-il traité avec célérité à Bamako alors qu’à Ségou, le délai prévu par le Code électoral semble ne pas avoir été respecté ?

La question n’est pas de préjuger du fond des recours ni d’anticiper la décision que devra prendre la Commission d’Appel. Elle porte avant tout sur l’application uniforme des règles électorales.

L’arbitre doit aussi respecter les règles du jeu.

Une commission chargée de garantir la régularité et la crédibilité du processus électoral doit elle-même être exemplaire dans l’application des textes qui encadrent sa mission. Surtout que le recours porte justement sur des délais non respectés par des électeurs.

Le respect des délais n’est pas une simple formalité administrative. Dans un processus électoral, il participe directement à la sécurité juridique, à l’égalité de traitement des candidats et à la confiance des acteurs dans les institutions chargées de régler les litiges.

À Ségou, les candidats concernés attendent donc une clarification : la Commission d’Appel des Élections entend-elle respecter le délai maximum de trois jours prévu à l’article D.4.3 ? Si ce délai n’a pas été respecté, pour quelles raisons ?

L’enjeu dépasse désormais le seul cas de Ségou. Il touche à la crédibilité du dispositif de règlement du contentieux électoral. Car en matière électorale, les mêmes textes doivent produire les mêmes effets pour tous.

La Commission d’Appel des Élections, instituée comme seule instance de recours du contentieux électoral à tous les niveaux, est ainsi interpellée non pas sur le sens de sa future décision, mais sur une exigence plus fondamentale : la célérité, la transparence et surtout l’égalité de traitement dans l’application du Code électoral.

De Sékou Saïd Diarrassouba